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Les filles veulent-elles l'impossible?

Il doit être viril et tendre, stylé mais pas métrosexuel, ambitieux mais pas carriériste... Les filles sont-elles trop exigeantes quand vient le temps de trouver l’âme soeur?

Par
Dominique Forget
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Soledad
(6 personnes)
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Les filles veulent-elles l'impossible?

Une chance inouïe?

«Aujourd'hui les femmes ont une chance inouïe», me raconte-t-elle avec entrain au bout du fil. «Elles n'ont plus, comme celles de la génération de ma mère, à faire de compromis par rapport à leurs rêves. Elles peuvent poursuivre leurs études et choisir une carrière qui les emballe. Elles peuvent aussi fréquenter plusieurs hommes et attendre de trouver le bon partenaire plutôt que de se marier avec le voisin d'à côté.»

Cette "chance inouïe" a toutefois des effets pervers, croit Lori Gottlieb. «À force d'être trop gourmandes, on laisse des occasions nous passer sous le nez.»

Plus jeune, Lori a mis fin à des relations pour les meilleures et les pires raisons. Elle a quitté un chum parce qu'il transpirait trop, un autre parce qu'il n'avait pas le sens de l'aventure. «Je me suis toujours dit que je trouverais mieux, que je finirais par avoir des papillons dans le ventre. Arrivée à la fin de la trentaine, j'ai décidé d'avoir un enfant toute seule, en me disant que l'amour viendrait ensuite. Pourtant, je suis toujours célibataire. Et mes copines ont beau se plaindre de leur mari, il n'y en a pas une qui changerait de place avec moi.»

 

 

Comme au cinéma

Jocelyne Bounader, psychologue spécialisée en relations conjugales, voit souvent atterrir sur son divan des femmes qui nourrissent des attentes irréalistes envers leur chum. «Dès qu'il y a quelque chose qui cloche, elles ont tendance à concentrer leur attention sur le bobo plutôt que de regarder l'ensemble de la relation», note-t-elle.

Jules ne partage pas mon goût pour la lecture ou le cinéma? C'est qu'il n'est pas assez intellectuel! Qu'importe si on a d'autres intérêts communs comme la randonnée ou le kayak de mer. Paul consacre ses jeudis soirs à ses amis? Il devrait avoir envie de passer tout son temps avec moi! Gérard ne cuisine pas? Je ne vais quand même pas me taper toute la popote!

Les jeunes professionnelles à qui tout réussit seraient particulièrement intransigeantes. «Elles sont tellement sévères envers elles-mêmes! constate Jocelyne Bounader. Ce n'est pas surprenant qu'elles soient tout aussi exigeantes envers les hommes qu'elles fréquentent.»

Le culte de la perfection n'est pas seul en cause. La montée en puissance de l'individualisme le serait aussi. «Quelques femmes, comme certains hommes d'ailleurs, ont l'impression qu'elles n'ont besoin de personne pour être heureuses, dit la psychologue. Du coup, elles sont moins prêtes à faire des compromis.»

Le sociologue Michel Dorais, professeur à l'Université Laval, montre aussi du doigt le cinéma et les bons vieux romans Harlequin. «Ce qui nous est présenté comme de l'amour est totalement déconnecté de la réalité, soupire-t-il. Il est question d'attirance, de passion... soi-disant durable. Mais le désir et l'amour ont des dynamiques complètement opposées. Le désir est basé sur le rêve; il a besoin de privation, de frustration. On a l'impression qu'on serait bien avec l'autre. En amour, on apprend à connaître l'autre et à l'accepter avec ses défauts.»       

Lori Gottlieb va dans le même sens. Dans son bouquin, elle décortique des émissions télévisées comme Friends, qui a fait un tabac aux États-Unis, et dans le monde entier d'ailleurs. Dans le tout premier épisode, Rachel quitte son fiancé, Barry, un orthodontiste à qui elle n'a rien à reprocher, outre le fait d'être ennuyeux. Elle consacre les 10 années suivantes à chercher la passion... et à collectionner les échecs amoureux. Carrie Bradshaw, l'héroïne de Sex and the City, tombe dans le même panneau. Elle lève le nez sur Aidan, fidèle et attentionné, lui préférant un Mr. Big plus flamboyant, mais ô combien égocentrique! «Carrie et Rachel rejettent des hommes gentils et dévoués pour courir après un rêve impossible», résume l'auteure.

Dans son cabinet, Jocelyne Bounader ramasse les pots cassés à cause de ces fantasmes. «Je vois des femmes - plus souvent que des hommes - qui mettent fin à une relation parce que la passion n'y est plus. Elles ont l'impression que, si elles restaient, elles seraient malhonnêtes envers elles-mêmes et leur conjoint.»

Lire la suite: Le couple au masculin

DATE DE PUBLICATION: 2010-01-01 , Tiré du magazine ELLE Québec, janvier-février 2010

COMMENTAIRES

  • guertin
    Published:
    2010-03-01 6:54 PM

    oui on veut vivre comme dans un reve mais comme dans un reve lorsquon se reveille tout disparait.quand on est jeune oui c est pas grave mais lorsque la realité frappe il faut revenir sur terre car l amour fou ne dure pas et comme ds la construction si la base n est pas bonne,le reste va s effrondrer.Donc soyon moins exigant et soyons heureux, se n est pas tout la beauté.Ils faut avoir qque chose entre les oreilles et cesser de penser a se qui se passent sous la ceinture.Merci
  • Ma douce amoureuse
    Published:
    2010-03-01 12:36 PM

    Héé ! J'en apprends encore sur les chères vénusiennes adorées !!!

    Signé : un marsien curieux

    xxx
  • Line
    Published:
    2010-03-01 8:16 AM

    C,est bien vrai
  • Canelle
    Published:
    2010-02-25 5:22 PM

    Ha ben moi je ne veux qu'un homme équilibré, soigné de sa personne et autonome financièrement... et avec qui ça clique, c'est normal. Les homme eux, qu'attendent-ils des femmes? Une tom-boy aux cheveux courts, jamais maquillée, avec un surplus de poids, qui ne fait pas la cuisine ni de ménage et qui passe ses soirées à faire du tricot dans le sous-sol... aimeraient-ils cette femme? Nous aussi nous avons droit à nos critères quand même!
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