Ils n'ont aucun désir physique et commencent à le dire haut et fort. Qui sont les asexuels?
David Jay est un Américain de 23 ans qui n'a jamais fait l'amour, à peine un french kiss une ou deux fois. Le jeune homme n'est ni un impuissant ni un monstre repoussant, il est asexuel. «Le sexe ne m'intéresse pas du tout, affirme-t-il. Je ne suis pas curieux de ces rapports physiques, je ne l'ai jamais été et je ne crois pas que ça arrivera un jour. Je n'ai rien contre le sexe et ceux qui le pratiquent, mais ce n'est pas mon truc, tout simplement.»
Dans une société hyper sexuée comme la nôtre, les propos de David Jay sont presque révolutionnaires. Alors que nous nous interrogeons sur la normalité de nos rapports, et que films, télévision, Internet et pubs nous abreuvent d'images de fesses, l'absence d'intérêt pour le sexe apparaît comme une totale incongruité. «C'est même un des plus grands tabous actuels», souligne Michel Dorais, auteur de l'essai Éloge de la diversité sexuelle et chercheur au Département de service social de l'Université Laval. Après avoir digéré l'homosexualité, la bisexualité, la transsexualité, les obsédés du sexe et les adeptes de la chasteté, notre société devra peut-être intégrer une nouvelle orientation sexuelle: l'asexualité.
«À ne pas confondre avec les asexués qui, eux, ont une identité floue, ni homme ni femme, précise Michel Dorais. Les asexuels n'ont simplement pas de désirs physiques.» Jusque-là ignorés des études sur la sexualité, les asexuels commencent pourtant à faire parler d'eux grâce à un site Internet créé par David Jay, www.asexuality.org . Le rapide succès de ce forum de discussion suscite aujourd'hui l'intérêt des médias et de quelques chercheurs.



