Quand vient le temps de choisir leur chum, les filles n’ont pas beaucoup évolué depuis l’époque de l’homme des cavernes, croient certains scientifiques. Elles n’y peuvent rien. C’est génétique!
LES QUÉBÉCOISES AUSSI
Vous pensez sans doute que ces recherches ont été menées aux États-Unis et que les Québécoises ne sont pas aussi superficielles. Détrompez-vous. Dana Hamplova, de la Chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et changement familial, au département de sociologie de l’Université McGill, s’est plongée dans les données du recensement de 2001 de Statistique Canada. Elle a analysé la situation de 34 000 jeunes couples canadiens, mariés ou vivant en cohabitation.
Les femmes étaient âgées de 25 à 34 ans, et l’écart d’âge entre les partenaires ne dépassait pas 10 ans. La sociologue n’a pas étudié le revenu de chacun des membres du couple, mais son niveau de scolarité, une donnée qui est souvent proportionnelle au salaire.
Dans un peu plus de 50 % des couples mariés, au Québec comme ailleurs au Canada, l’homme et la femme avaient décroché un diplôme équivalent. Ceux qui avaient un 5e secondaire, par exemple, avaient épousé un partenaire ayant le même degré de scolarité qu’eux. Même constat chez les diplômés universitaires. «C’est ce qu’on appelle l’homogamie, précise Dana Hamplova. Qui se ressemble s’assemble.»
Dans le cas des époux qui n’avaient pas atteint le même niveau de scolarité, c’était plus souvent l’homme qui avait usé davantage ses culottes sur les bancs de l’école. «Étant donné qu’il s’agissait de jeunes couples, on ne peut pas présumer que les femmes avaient eu plus difficilement accès à l’éducation que leurs conjoints, fait observer Dana Hamplova. On peut penser qu’elles ont simplement préféré un partenaire ayant décroché plus de diplômes qu’elles.»
Fait intéressant: chez les couples vivant en cohabitation, cette tendance était légèrement moins marquée. Les femmes avaient plus fréquemment choisi un homme moins diplômé qu’elles. «Peut-être que ces couples ne s’étaient pas mariés parce que les femmes espéraient encore trouver un meilleur parti, avance la sociologue. Ce serait une explication possible, surtout dans les provinces autres que le Québec, où le mariage est encore très en vogue.»
Les observations recueillies par les gestionnaires du site de rencontre RéseauContact (1,2 million de membres, dont 200 000 sont actifs) confirment l’intérêt des femmes pour des hommes «performants». Selon Martin Aubut, directeur communautés à Espace Canoë-ReseauContact.com, les femmes de plus de 25 ans misent très souvent sur le statut social et la profession. «C’est particulièrement vrai chez celles qui cherchent une relation stable plutôt qu’une aventure.» Marie-Hélène Couture, directrice des communications à l’agence de rencontre Intermezzo, à Outremont, reconnaît que les hommes qui ont réussi leur carrière ont toujours plus de succès que les autres. «Les femmes veulent admirer leur partenaire. Elles souhaitent quelqu’un qui a de la prestance, de l’assurance.»
RECHERCHE TARZAN DÉSESPÉRÉMENT
Rassurez-vous, l’épaisseur du portefeuille et la valeur des diplômes ne sont pas les seuls critères mis de l’avant par les filles en quête d’amour, disent les scientifiques. Les femmes s’intéressent aussi à... l’apparence physique. Décidément, pour les nobles valeurs, on repassera!
L’anthropologue Helen Fisher, qui a fait carrière au American Museum of Natural History de New York avant de devenir professeure à l’université Rutgers, s’est penchée sur les caractéristiques physiologiques qui attirent les femmes, souvent à leur insu. «Le cerveau féminin est allumé par les hommes aux épaules et au torse larges, dit-elle. Historiquement, ces attributs étaient très utiles lorsque venait le temps de trouver de la viande ou de tenir les lions à l’écart.»
Une mâchoire forte et des pommettes saillantes seraient aussi des atouts, selon l’anthropologue. Elles seraient le signe d’une santé physique hors du commun. «La testostérone est une hormone nécessaire à la croissance des os, dit-elle. Or, de hautes concentrations de cette hormone affaiblissent le système immunitaire. Par conséquent, seuls les hommes dotés d’un système immunitaire et d’une santé exceptionnels ont pu arriver, durant la période de l’adolescence, à sécréter les concentrations de testostérone nécessaires à la saillie des os du visage.»
Marie-Hélène Couture, de l’agence Intermezzo, confirme cette loi impitoyable de la séduction: «Nous avons 4 500 membres célibataires. Parmi eux, ceux qui nous disent que l’apparence physique a peu d’importance sont vraiment très rares. Et ça vaut autant pour les hommes que pour les femmes.»
Il n’y a pas que nos yeux qui soient envoûtés par un bon parti. Notre nez l’est aussi. Claus Wedekind, de l’université de Lausanne, a réalisé une expérience pour le moins étonnante auprès de 49 étudiantes universitaires. Chacune d’elles devait renifler une série de t-shirts imprégnés de sueur, qui avaient été portés par des hommes différents. Le chercheur leur a demandé de choisir le t-shirt dont l’odeur était la plus agréable et celui dont l’odeur était la plus repoussante. Instinctivement, elles ont préféré les t-shirts qui avaient été portés par des hommes dont le profil génétique était différent du leur... tout en étant compatible avec lui. En d’autres termes, leur cerveau, à leur insu, avait été attiré par les mâles avec lesquels elles avaient le plus de chances de se reproduire et avec lesquels elles couraient le moins de risques de faire une fausse couche.
Page suivante: Inné ou acquis?



