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Révolution paternelle et le congé de paternité
De plus en plus de papas prennent leur congé de paternité... et reconsidèrent la famille, le couple et le travail. Phénomène aux retombées incalculables.
Par Luc Bouchard
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Photo: Rosemarie Gearhart/ Istock.com
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Des petits mieux encadrés?
«À la différence des pères divorcés (qui voient leurs enfants les fins de semaine), les pères présents ont beaucoup plus de facilité à s'occuper des enfants et à imposer leur autorité», note le psychologue François St Père. Il rejette d'ailleurs du revers de la main la théorie de certains selon laquelle les papas à la maison favoriseraient le foisonnement d'enfants-roi. «Un enfant élevé par un père présent a de meilleures chances d'être bien encadré, car un homme pose ses limites beaucoup plus rapidement qu'une femme. Il ne répète pas les choses 15 fois. Les papas divorcés peuvent refuser de contrarier leurs enfants, de peur de perdre leur amour ou de ne plus les revoir, mais les pères présents, eux, ne cèdent pas à ce type de chantage.»
L'implication de ces nouveaux pères serait-elle la même en cas de rupture? «Selon moi, un père engagé, qui s'est investi dans une relation avec son enfant, ne se départira pas de son petit», poursuit François St Père, qui anime l'émission À deux, c'est mieux, à Canal Vie. «Les pères présents sont donc moins à risque de s'éloigner de leurs enfants après une séparation, comme ça se produit encore souvent de nos jours.» Sur ce point, les hommes interrogés au cours de cette enquête sont catégoriques: en cas de naufrage amoureux, aucun n'envisage son quotidien sans ses enfants.
«Il y a vraiment une humanisation du rôle de l'homme; c'est très positif», reconnaît Christine Castelain-Meunier, sociologue au CNRS, spécialiste des hommes et auteure de Les métamorphoses du masculin (PUF). «On est passé de la paternité institutionnelle à la paternité relationnelle. Il y a désormais des liens directs entre le père et l'enfant.» Elle ajoute que, si la femme laisse l'homme prendre sa place sans renier la sienne, il peut y avoir des avancées extraordinaires pour le couple.
D'ici là, il faut continuer à soutenir les jeunes parents. «L'arrivée d'un bébé bouscule tout et modifie complètement les attentes d'un couple, rappelle Christine Castelain-Meunier. C'est pourquoi la société doit agir. Elle doit absolument accompagner les couples au moment du passage du “conjugal” au “parental”.» Et c'est précisément ce que vise le nouveau régime québécois d'assurance parentale.
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC
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