 |
|
|
|
La dépression, le mal du siècle?
Maladie de société dont on parle depuis plusieurs décennies, la dépression frappe encore. Elle touche même de plus en plus de gens. Pourquoi?
Par Pascale Navarro
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
Photo: Anouk Lessard
|
|
Prévenir et soigner Une des caractéristiques de la dépression est son caractère contagieux. «Les gens qui vivent avec un malade sont démunis, affirme Hélène Fradet. Pire, ils sont eux-mêmes susceptibles de devenir dépressifs, éprouvent plus de problèmes physiques que le reste de la population et consomment davantage de médicaments. Quand la dépression entre dans une famille, elle peut y faire des ravages. Voilà pourquoi il faut s'occuper des malades ET de leur entourage.» La solution? La prévention, pour savoir reconnaître les signes avant-coureurs de la maladie, car un premier épisode non résolu risque d'en entraîner d'autres, de plus en plus intenses, et cette situation peut avoir des conséquences graves sur le malade et ses proches (enfants, conjoint, parents, amis, etc.).
C'est exactement ce qu'illustre le touchant témoignage de Sylvie. «Je savais à peu près ce qu'était la dépression, mais je ne pensais pas que je pouvais en être atteinte. Dans ma famille, plusieurs personnes ont souffert de cette maladie. Ma grand-mère, m'a-t-on raconté, a déjà passé des semaines assise dans sa chaise berçante sans ouvrir la bouche. Mes tantes aussi ont été atteintes de dépression. Ma mère a vécu quelque chose de semblable sans se soigner, sans en parler, sans comprendre ce qui lui arrivait.» De plus, «être de sexe féminin, vivre seule et dans des conditions socio-économiques difficiles sont des facteurs qui prédisposent à la maladie», explique le psychiatre Bernard Granger.
Cela dit, la dépression se soigne, et de mieux en mieux. En fait, plus on la dépiste rapidement, mieux on peut la traiter. Jocelyne Monty, présidente du conseil d'administration de la Fondation des maladies mentales, qui a elle-même souffert de dépression, insiste sur cette note constructive: «Il m'a fallu trois ou quatre ans pour m'en remettre, raconte cette femme issue d'un milieu aisé et averti. Il y a encore bien des tabous autour de cette maladie, alors qu'on la soigne de mieux en mieux. Moi, j'ai refusé les médicaments parce que je voulais m'en sortir toute seule; j'ai suivi une thérapie, mais je pense que je me serais remise sur pied plus vite si j'avais accepté le fait que j'étais malade... Notre société s'est beaucoup occupée du cancer et du sida, et elle livre une lutte acharnée contre le tabagisme. On devrait faire la même chose en ce qui concerne la dépression. C'est une responsabilité individuelle, familiale et sociale.»
|
|
|
|
Page suivante > |
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
| |
 |
|
| |
OU |
|
| |
|
|
| |
 |
|
| |
|
|
|