Abonnement | Infolettre | Contactez-nous
BilletsCélébritésCultureFemmesSociété

La dépression, le mal du siècle?

Maladie de société dont on parle depuis plusieurs décennies, la dépression frappe encore. Elle touche même de plus en plus de gens. Pourquoi?

Par Pascale Navarro

Photo: Anouk Lessard

De plus en plus de dépressions
Sylvie, qui est dans la jeune quarantaine, a connu un premier épisode de dépression à 10 ans. «Ma meilleure amie s'est mise à se moquer de moi, à m'ignorer et à me ridiculiser. Je suis restée couchée dans ma chambre pendant plusieurs jours, sans aller à l'école, tellement j'étais malheureuse.»

Sylvie a alors commencé à adopter des comportements associés à la dépression. «J'ai brûlé mon visage sur toutes mes photos d'étudiante. Je ne ressentais plus rien, sauf une immense peine et du dégoût envers moi-même. Je vivais ça dans une grande solitude; j'étais incapable d'identifier et de raconter ce qui m'arrivait.» Elle ne savait pas encore ce qu'était la dépression.

Aujourd'hui, ce mal de l'âme fait partie de sa vie.
Dans l'espace privé (la maison, le couple, la cellule familiale, le cercle d'amis), la dépression n'est pas toujours reconnue comme une maladie: ni psychologue d'entreprise ni programme de soutien ne nous aide à cerner le problème. «Pendant un premier épisode, soulève Bernard Granger, psychiatre et auteur de La dépression, le patient attribue souvent ses troubles à d'autres causes que la maladie dépressive, et il lui faut un certain temps pour accepter ce qui lui arrive. L'entourage a beaucoup de difficultés à comprendre cette affection et donne souvent des conseils inappropriés qui ne font qu'aggraver le désarroi du patient.»

Comme le note le psychiatre, la dépression est couramment assimilée à un «trouble de la volonté». «On considère qu'il suffirait que le malade “se secoue” pour aller mieux, alors qu'il s'agit d'une authentique maladie. Le patient qui en souffre voit ses capacités de réaction totalement anéanties par son affection.»

Publicité


C'est ce qui est arrivé à Sylvie, qui ne disposait d'aucune ressource avant de réaliser qu'elle était malade et atteinte de dépression. «J'ai eu comme une illumination, confie-t-elle. Je me suis rendu compte que j'avais quelque chose qui ne fonctionnait pas et que je devais m'en occuper.» Pour elle, la route a été longue. Durant plusieurs années, elle a joué à cache-cache avec la maladie, refusant de la nommer, détournant même les conversations avec les psychologues qu'elle consultait.

Ce n'est qu'après le suicide de son frère qu'elle s'est résolue à prendre les choses en main. «Tout le monde chez nous prenait des antidépresseurs, avait vu un médecin, faisait ce qu'il fallait pour s'en sortir, mais moi, non. Puis, un jour, où j'avais rendez-vous avec mon médecin, j'ai lu un dépliant sur l'anxiété et je me suis décidée. J'ai alors commencé une thérapie. Enfin! Une vraie! J'ai décidé que j'irais jusqu'au bout, sans détour, et que j'y mettrais le temps qu'il faudrait.»
Page suivante >


1. Épidémie de burnout
2. De plus en plus de dépressions
3. Les tabous qui tombent
4. Prévenir et soigner
5. Où s'adresser?

Articles
Le «psychodrame» des acheteuses indécises
Un corps parfait d'Eve Ensler
La loi d'attraction: est-ce le secret?
Pourquoi sommes-nous si perfectionnistes?

autres
L'ado de A à Z
     
   
   
   OU  
   
     
   
     
     
  Publicité


 
     


Voir tous nos concours


SITES PARTENAIRES

Contactez-nous •  Annoncez chez nous  • Politique d'utilisation • Politique de confidentialité • ELLE dans le monde


© 2008 Elle Magazine.
Tout droit réservés
Nos autres sites
Mokasofa | Coupde de Pouce | Madame | Décormag | Recettes du Québec | Jardiage.net | Service Vie | Mon Chalet