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Chéri on divorce : faut fêter ça !
Certains célèbrent leur mariage... et d'autres leur divorce, avec champagne, faire-part et pièce montée.
Par Suzanne Goudreau
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Divorce à la marocaine
Au Sahara marocain, la rupture du couple n'est pas forcément un drame, surtout pour les femmes. Dans les tribus sahraouies, qui ont longtemps été des sociétés matriarcales, les femmes sont considérées comme le pivot de la société. Elles sont choyées et jouissent du respect familial et tribal. C'est ce qui explique sans doute la quasi-absence de violence conjugale... et le nombre élevé de divorces. Car «ces femmes quittent le foyer à la moindre injure qui touche leur dignité ou en cas d'adultère», commente Batoul Daoudi, responsable de l'Agence de développement social des provinces du sud du Maroc. Mais ces divorces ne ressemblent en rien au parcours des combattantes de leurs consœurs marocaines.
Bien au contraire. Cent jours après le divorce – délai à respecter avant de se remarier –, on organise souvent une cérémonie pour la divorcée. Elle ira au hammam avec ses proches, on lui fera un tatouage temporaire au henné. Après les chants et les danses, on lui offrira des cadeaux. «Cette fête symbolise l'acquisition d'une liberté entière. Quand elle se marie, la femme sahraouie passe de la tutelle de son père à celle de son mari. Une fois divorcée, elle devient libre, et c'est ce qu'on célèbre», explique l'anthropologue Mohamed Naïmi. «Une façon de signifier à l'ex-mari que ce n'est pas la fin du monde, que la vie de son ex-femme vient à peine de recommencer», renchérit Batoul Daoudi. Loin d'être socialement condamnées, les femmes divorcées semblent aussi être les plus courtisées là-bas!
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC
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