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Chéri on divorce : faut fêter ça !
Certains célèbrent leur mariage... et d'autres leur divorce, avec champagne, faire-part et pièce montée.
Par Suzanne Goudreau
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La piqûre de la rupture
Les Chinois, les Australiens, les Britanniques et les Français n'échappent pas à cette frénésie de rupture.
En Chine, le nombre de divorces a bondi de 67 % entre 2000 et 2005. Plusieurs jeunes y voient d'ailleurs aujourd'hui le divorce comme «un droit civil, rien de plus». Il faut dire que, depuis 2003, la nouvelle loi simplifiant les démarches administratives a favorisé un tel état d'esprit: les époux chinois peuvent désormais divorcer en 15 minutes top chrono! Résultat? Le marketing s'est lui aussi engouffré dans la brèche. Un premier Divorce Club a été inauguré le 14 février 2006 à Shanghai. Ce club très sélect, qui réunit déjà quelque 150 divorcés fortunés, apporte un soutien psychologique, prodigue des conseils juridiques et organise, naturellement, des «fêtes de divorce». «Se libérer d'un mariage mort est un heureux événement souligne Shu Xin, directeur de l'établissement.
Même contentement chez les banquiers australiens. Là-bas, 3 % des femmes mariées et 1% des hommes économisent pour payer les frais d'un éventuel divorce, révèle un sondage effectué en 2006 par la BankWest.
En Grande-Bretagne, les organisateurs de fêtes de séparation prolifèrent, tout comme les divorcés qui veulent célébrer en grande pompe. Pour combler les envies de ces nouveaux fêtards, la société londonienne The Great Northern Firework Company promet d'éblouir les invités par un spectacle de feux d'artifice illuminant la nuit des mots «Enfin libre»!
Les Français ne sont pas en reste. Dans leur pays, où un mariage sur deux se solde par une séparation, la première fête de divorce a eu lieu le 16 novembre dernier. La soirée, organisée par la Wedding Out Factory, une nouvelle agence d'événements parisienne spécialisée dans les fêtes de rupture, rappelait étrangement celle d'un... mariage: les invités avaient reçu un «faire-part» (de divorce); le jour J, la divorcée de 42 ans a prononcé «ses voeux» (de célibat), entourée de ses amis et de sa famille; elle a signé devant un faux célébrant un registre attestant sa liberté retrouvée et s'est vu remettre une médaille de la «divorcée réjouie». Le lancer du bouquet (afin de désigner la prochaine mariée), le discours, les toasts et la danse jusqu'à l'aube ont clos cette cérémonie fort médiatisée. «Ç'a été une soirée merveilleuse, très positive», lance Rebecca Hazan, cofondatrice de l'agence qui, depuis, a été sollicitée par plusieurs clients, tant des femmes que... des hommes.
Aux fervents défenseurs du mariage qui désapprouvent ces célébrations, plusieurs psys répondent qu'une fête peut aider à dédramatiser la séparation sans pour autant la banaliser. Pour eux, ces nouveaux rituels de passage n'ont rien de dérangeant. Ils peuvent même être libérateurs et bénéfiques.
Pour d'autres, dont Rachel Mercier, psychologue de Montréal en thérapie individuelle et conjugale, ces rassemblements sont discutables. «Aujourd'hui, le divorce n'est plus forcément vécu comme un drame ou un échec, mais ce n'est pas non plus une occasion de réjouissance, même si mettre un terme à une relation peut s'avérer un soulagement. Une rupture est avant tout la fin d'une histoire de couple et elle est plus liée à une souffrance qu'à une réjouissance. Le divorce ne devrait pas être un événement festif. Il s'inscrit davantage dans la sphère intime que publique. Et ce n'est pas un party qui rendra la séparation plus acceptable ou plus honorable, mais bien l'attitude adoptée par les ex-conjoints. Rien n'empêche d'inventer sa propre cérémonie ou son rituel pour souligner cette étape de la vie. Mais mieux vaut attendre un an, sinon plus, le temps de faire le deuil de cette relation. Ce qui n'empêche pas de s'ouvrir au monde...», conclut la psychologue.
Après les cérémonies de divorce, il ne manquait plus que celles des licenciés. C'est maintenant chose faite. Christopher Grieder, un ex-chômeur américain de 41 ans, a tenu à exorciser ses longs mois d'angoisse avant de commencer son nouveau boulot. Devant ses invités, il a prononcé des voeux relatifs au traumatisme qu'il a subi. Car ressasser de la rancœur après la perte d'un emploi entamerait les chances de trouver un autre travail et de le garder. Ce nouveau rituel permettrait aux victimes d'un licenciement de s'en remettre plus rapidement. On n'arrête pas le progrès!
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