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Sciences : où sont les femmes?
Pourquoi les filles, si douées à l'école, sont-elles si rares à se consacrer à la recherche? Enquête sur la difficile équation femmes-sciences.
Par Laurence Pivot
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«Maman, quand je serai grande, je serai chercheuse en mécanique quantique!» Peu de mères ont dû entendre cette petite phrase. On a beau avoir fait une révolution féministe, il est encore des domaines où les femmes s'aventurent moins. Lorsque l'une d'entre elles gagne, par exemple, un prix Nobel de médecine, comme l'a fait l'Américaine Linda Buck en 2004, le monde entier le remarque: c'est si rare! Depuis la création de la prestigieuse récompense en 1901, seules 11 femmes sur plus de 500 lauréats ont en effet remporté un prix Nobel scientifique. À part Marie Curie (qui a reçu deux prix Nobel de physique), pourriez-vous en citer une seule? «Il n'y a effectivement pas beaucoup de modèles féminins en sciences auxquels les filles peuvent s'identifier», admet Louise Lafortune, mathématicienne de formation et professeure au Département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières. «Même s'il y a des savantes remarquables, le grand public ne les connaît pas.» Et elles sont encore très peu nombreuses.
Selon le rapport Greenfield commandé par le gouvernement britannique en 2002, dans la plupart des pays du monde, le pourcentage de femmes qui occupent des postes scientifiques élevés est d'environ 10 %. Les labos sont pourtant pleins de femmes, mais elles se contentent souvent d'être laborantines; quand elles sont profs, c'est au secondaire ou au cégep, h plus rarement à l'université. Le Québec n'échappe pas à la règle, même si, comme dans la plupart des pays occidentaux, il y a plus de femmes diplômées que d'hommes (31,9 % des femmes détiennent un baccalauréat contre 21,5 % des hommes, toutes matières confondues). Toujours au Québec, elles sont même majoritaires en biochimie, en agriculture et en biologie. Pourquoi alors n'y a-t-il pas plus de chercheuses de haut niveau? Parce que pour accéder à ces postes, il faut un doctorat et même un postdoctorat.
À ce stade-là, les élus sont rares et les femmes, encore plus: 0,9 % d'entre elles ont un doctorat contre 1,2 % des hommes. Des études longues et difficiles sont certainement l'une des raisons de la défection des femmes. Mais ce n'est pas la seule explication: le poids des préjugés pèse encore lourd dans la balance.
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