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Je détestais la fille de mon chum!
Julie avait hâte de faire connaissance avec la fille de son nouvel ami... jusqu'à ce qu'elle la rencontre.
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Illustration: Annick Poirier/ Colagene.com
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Puis un jour, le hasard a voulu que je tombe sur Vincent et sa fillette, une petite blondinette à la mine boudeuse, dans un grand magasin du centre-ville. Surpris, on a fait comme si on était seulement de bons amis. Lorsqu'il m'a présenté Laurence – comment dire –, j'ai ressenti un malaise. Moi qui suis naturellement gaga avec les enfants, j'étais là, bêtement paralysée, sans élan. J'ai quitté le magasin troublée. Quel drôle d'effet cette gamine m'avait fait!
J'étais à des années-lumière de m'imaginer qu'en rencontrant Vincent ce n'est pas son ex qui ferait de ma vie un enfer, mais bien sa fille de six ans! Je m'explique: malgré toute la bonne volonté qui m'animait, Laurence ne me plaisait pas. J'avais beau faire des efforts, chaque fois qu'on se retrouvait tous les trois, sa façon de minauder, de toujours réclamer de l'attention ou un cadeau – sans compter sa manie de pleurnicher pour un rien – me hérissaient.
Il faut dire que Vincent, qui se sentait coupable d'avoir laissé la mère de Laurence, cédait en tout à sa fille. Laurence réclamait un nouveau jeu, plus amusant que celui qu'elle venait d'avoir? Vincent le lui achetait. Laurence ne voulait pas ranger sa chambre? Papa ou la femme de ménage s'en chargeait. Vincent interdisait la télé pendant les repas? Laurence n'en faisait qu'à sa tête et s'installait avec son dessert devant TéléTOON. Et moi, je bouillais intérieurement, redoutant l'explosion. Heureusement, j'arrivais à me contenir en me répétant que je n'avais pas à m'immiscer dans l'éducation de Laurence. Mais il m'arrivait aussi de proposer à Vincent de faire garder la petite, ou encore de prétexter une montagne de boulot lorsque je ne me sentais pas la force d'être témoin des caprices de Laurence.
Jusqu'au jour où j'ai pété les plombs. Imaginez: après avoir assisté à un merveilleux spectacle de Cavalia, Laurence a fait une crise pour avoir un des gros chevaux en peluche qui étaient vendus sur place. Incontrôlable, elle s'est jetée par terre et s'est mise à hurler. Vincent a essayé de la calmer, mais en vain. J'ai tenté de la raisonner à mon tour: elle a aussitôt répliqué que je ne comptais pas pour elle et que j'étais là seulement en attendant que Vincent lui trouve une autre maman.
Soufflée, j'ai saisi Laurence par le bras, je l'ai traitée de petite peste qui ne pensait qu'à elle et je l'ai giflée. J'étais hors de moi. Sidéré, Vincent avait assisté à toute la scène. Ce n'est qu'après nous avoir séparées qu'il s'est tourné vers moi en criant: «T'es complètement folle! Je t'interdis de toucher à ma fille!»
Tremblante, honteuse et pourtant soulagée d'avoir secoué Laurence, j'ai raconté n'importe quoi. Que je n'étais pas prête pour la vie de famille. Que je ne comprenais rien à la vie à deux – et encore moins à trois. Que j'étais épuisée. Et quoi encore... Défaite, je suis partie sans ajouter un mot.
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