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J'ai passé une semaine de rêve avec un inconnu
Laura a rencontré Cyril en clavardant sur Internet. Deux mois plus tard, ils se retrouvaient dans une chambre d'hôtel...
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Photo: Istock.com/ Drew Hadley
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Je me souviens très bien de ma première conversation avec Cyril. C'était il y a quelques années, un soir d'automne.
J'étais alors célibataire. Plusieurs de mes amis me poussaient à aller dans Internet pour trouver l'âme sœur, mais je ne me sentais pas encore disposée à passer à l'acte. Ce fameux soir, j'étais désœuvrée et je me sentais un peu seule. Je me suis installée devant mon ordinateur et j'ai commencé à naviguer sur le Net, à la recherche de sites de rencontre. Quelle surprise! J'ai découvert que des sites destinés à mettre en relation deux (ou plusieurs) personnes, il en existait des tonnes! Des sérieux et des moins sérieux, tantôt coquins, tantôt érotiques ou encore pornographiques, certains étaient payants, d'autres, gratuits.
Après avoir un peu exploré le cyberespace, je me suis inscrite au hasard à un de ces réseaux de rencontre, par curiosité. Au début, c'était très drôle parce que je ne comprenais pas du tout comment ça fonctionnait: je recevais des messages sans savoir d'où ils provenaient ni comment y répondre... J'ai finalement réussi à repérer l'icône de clavardage et à lire quelques messages, pour me rendre compte que plusieurs Français se trouvaient en ligne. C'est là que s'est affiché le premier message de Cyril. Juste un «Comment ça va au Québec?», auquel j'ai répondu: «Bien!» Comme il était 2 h du matin là-bas, je lui ai demandé ce qu'il faisait debout à cette heure tardive. Il m'a répondu qu'il était en train de cuisiner pour recevoir des amis le lendemain, c'est-à-dire le dimanche.
Après quelques échanges à propos de sa recette, la conversation a glissé en douce de la crème fraîche qui finit par se loger sur les hanches aux hanches en question, et des hanches aux caresses sur lesdites hanches. Nous nous sommes très vite retrouvés en eau trouble, et nous y avons nagé avec beaucoup de volupté pendant plusieurs heures.
Le lendemain de notre conversation coquine, je me suis réveillée en pensant à Cyril. Je n'avais qu'une hâte: allumer mon ordi pour rétablir la communication avec lui. Il était visiblement dans le même état que moi puisque nous nous sommes à nouveau jetés dans les bras – virtuels – l'un de l'autre dès que nous avons repris contact, le soir même. Puis tous les soirs, durant les semaines qui ont suivi.
C'est sur une note sensuelle que nous avions discuté la première fois et c'est sur cette même note que nos conversations quotidiennes se sont poursuivies. Nous faisions l'amour par écrit, lors de longs échanges où s'entrecroisaient mots doux, injonctions torrides, caresses poétiques, rêves charnels et attentions délicates. C'est fou ce qu'on peut exprimer... et ressentir au travers de l'écrit! Nous réinventions tous les jours le langage de l'amour.
En fait, nous sommes devenus extrêmement intimes en très peu de temps. Pas parce que nous parlions de sexe, mais parce que nous le faisions en étant vraiment nous-mêmes, sans faux-semblant, sans demi-vérité, sans pudeur aucune.
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