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Elles ont une forte libido... Attention, préjugés!
Certains les traitent de filles faciles, d'autres de nymphomanes. Dans tous les cas, les gourmandes de sexe sont montrées du doigt. Pourquoi?
Par Laurence Pivot
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MÉLANIE, 36 ANS
«Je ne dis plus combien j'ai eu d'amants» «Durant ma vingtaine, j'ai beaucoup “exploré ma sexualité”, comme on dit. Plus crûment, ça signifie que j'ai eu beaucoup d'expériences diverses avec toutes sortes de personnes: des gars, des filles, dans toutes les combinaisons possibles: à deux, à trois, à quatre. Et partout. Dehors dans la neige, dans un recoin du métro Berri en plein centre-ville, dans des soirées sado-maso. J'ai eu plus d'une centaine de partenaires avec qui j'ai testé à peu près tout ce qui peut se faire en matière de sexe, sauf les perversions.
Pourtant, j'ai toujours eu l'air d'une jeune fille “à sa place”. À quelques-uns de mes amoureux, par désir de paraître open, j'ai révélé des expériences hot que j'avais faites. Je l'ai toujours regretté. Au début d'une relation amoureuse, on a l'impression qu'on peut tout se dire. Et c'est un peu vrai, parce qu'on bénéficie alors d'une période de grâce pendant laquelle l'amoureux transi nous voue une admiration sans bornes. Mais ce n'est qu'une illusion. Le temps passe, les choses changent. Puis un jour, c'est sûr, sortent les regards pleins de sous-entendus, les questions: «Et ton ami Martin, as-tu couché avec lui?», «Et ta chum Marie-Hélène, l'as-tu déjà embrassée?».
Un de mes copains m'a même déjà dit qu'il doutait de moi quand je sortais sans lui, en raison de mon “passé sexuel”... Avec le temps, j'ai appris qu'il valait mieux que je garde ce passé pour moi. C'est trop lourd. Trop propice au jugement. Je n'en parle plus à qui que ce soit, pas même à mes amies de filles. J'aurais peur qu'elles aussi me voient différemment. D'ailleurs, moi-même, je ne sais pas comment je réagirais si j'entendais l'une d'elles raconter le type d'aventures que j'ai eues. Je pense que je me dirais: “Ouf, une vraie traînée celle-là...” Alors, évidemment, je me tais. Seules mes amies de longue date connaissent cet aspect de ma vie, parce qu'elles y étaient. Et c'est très bien ainsi.
Mon conjoint, avec qui je suis depuis huit ans, ne sait rien des expériences ou des partenaires que j'ai eus. Il ferait une crise cardiaque! Quand il me dit qu'il n'a jamais eu de blonde aussi dégourdie au lit, je trouve la situation bien amusante. S'il savait! Heureusement, contrairement à mes amoureux précédents, il ne m'a jamais demandé carrément: “Je suis le combientième?” Je n'aime pas mentir, mais dans cette situation, j'aurais menti. Ce que j'ai fait de mon corps avant de le connaître ne regarde que moi.»
LINE. 38 ANS «J'ai besoin de faire l'amour tous les jours» «De 20 à 30 ans, j'ai été mariée avec un homme qui n'était pas porté sur la chose: je supportais la situation sans rien dire et sans le tromper. Mais après mon divorce, j'ai réalisé qu'en fait j'avais une forte libido... et je me suis rattrapée! Célibataire, j'ai eu jusqu'à trois amants en même temps, mais depuis que je suis de nouveau en couple, je suis fidèle, car mon conjoint aime ça autant que moi et on fait l'amour tous les jours. Lui adore mon appétit sexuel, mais il est vrai que cela fait peur à beaucoup d'hommes. Je déteste le terme de cochonne qui ne s'applique qu'aux femmes et je n'aime pas le sexe pour le sexe: j'aime être amoureuse. Mais je ne serai plus jamais avec un homme qui n'aime pas le sexe. Si je redeviens célibataire, j'ai un ancien amant qui sait très bien me satisfaire. Seigneur! on est au 21e siècle et il est temps que les femmes se réveillent et assument leur sexualité!»
ANITA, 50 ANS «Cinq fois par semaine, au moins...» «J'ai découvert sur le tard que j'aimais beaucoup faire l'amour. Mon premier mari était mon meilleur ami et j'avais peu de désir pour lui. Mon second mari, lui, me fait sans arrêt des compliments et entretient un climat sensuel. Nous faisons l'amour au moins cinq fois par semaine et tous les jours quand nous sommes en vacances. Si la ménopause devait influencer ma libido, nous nous pencherions sur la question ensemble, car je sais maintenant que le sexe est très important dans une relation. Cela dit, je suis une femme qui a eu très peu d'aventures et je refuse le sexe sans amour. Si ma libido est forte aujourd'hui, c'est que mon désir pour mon conjoint, et seulement pour lui, est grand.»
GILLES, 33 ANS «Ma blonde aime beaucoup le sexe» «C'est vrai que la première fois que j'ai rencontré ma blonde et qu'elle m'a dit – et montré – qu'elle aimait le sexe, et surtout les fellations, j'ai été un peu surpris. C'est rare d'entendre une fille tenir ce genre de discours! Je reconnais qu'au début je me suis un peu inquiété, me demandant si son amour du sexe s'étendait à d'autres que moi. Je me suis rendu compte que j'étais un peu macho... Depuis, elle m'a rassuré, et tout va bien aujourd'hui, pour notre plus grand plaisir à tous les deux!»
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC
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