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Elles ont une forte libido... Attention, préjugés!
Certains les traitent de filles faciles, d'autres de nymphomanes. Dans tous les cas, les gourmandes de sexe sont montrées du doigt. Pourquoi?
Par Laurence Pivot
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Illustration: Jacques Plante
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LE POUVOIR SEXUEL «L'apparition de la pilule a bouleversé les valeurs religieuses et morales en déconnectant le sexe de sa fonction reproductrice. Elle a ainsi donné aux femmes la liberté de s'approprier le sexe pour le plaisir, comme les hommes. Et ces derniers, qui avaient jusque-là le monopole du désir, n'ont guère apprécié de le perdre», affirme Willy Pasini. «La sexualité, c'est une forme de pouvoir, confirme Chantal Maillé. Celui qui l'exerce domine l'autre. Si les femmes expriment leur désir, elles empiètent sur le pouvoir des hommes.»
Dans les années 70, les féministes ont considéré le sexe comme un outil de répression des femmes et ont poussé celles-ci à se passer des hommes, jugés coupables de les soumettre, explique la professeure. «Les féministes des années 80 et 90 ont revendiqué autre chose: le droit au plaisir, avec qui elles voulaient et quand elles voulaient.» Les hommes ont alors cessé d'être rejetés et ont commencé à devenir objets du désir de ces dames. Ils auraient peut-être pu s'en réjouir...
Les timides l'ont fait, selon Pasini, car ils n'avaient plus à faire les premiers pas. Mais tous n'ont pas apprécié. «Ce n'est pas que les hommes aiment les coincées; ils sont heureux d'avoir une partenaire à l'aise sexuellement, souligne le psychiatre, mais en perdant la maîtrise de la sexualité, ils ont perdu une certaine confiance en eux et, chose tout à fait nouvelle, en leur partenaire.
Si leur conjointe est si libérée, se disent-ils, peut-être voudra-t-elle non seulement leur imposer son propre rythme sexuel, mais éventuellement chercher du plaisir ailleurs.» Bref, les hommes ont peur d'être dérangés pendant leur sieste et, surtout, d'être cocus! Pire encore, ils ont peur d'être comparés aux autres: et si leurs performances étaient médiocres? Mieux vaut alors prendre les devants et damner ces femmes qui ont le diable au corps en les traitant de putains, de fille faciles, de cochonnes ou carrément de nymphos...
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