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Mon chum me harcelait en permanence
Leur histoire de couple a commencé comme un conte de fées... et s'est terminée au poste de police.
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Photo: Steve Mcsweeny/ Istock.com
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Le lendemain, il partait vivre chez un de ses amis. J'ai cru que c'en était fini de cette relation. Mais Christian, lui, n'en avait pas fini avec moi. Il m'appelait sans arrêt. Il voulait renouer. Il regrettait tout. Quand je ne répondais pas au téléphone, il me laissait des messages odieux. Il disait qu'il allait détruire ma vie et me traitait de tous les noms. Instinctivement, je sauvegardais ces messages; j'archivais tout. Au bureau, je ne pouvais plus cacher ce que je vivais. Non seulement Christian faisait sonner mes cellulaires à répétition, mais il appelait aussi mes patrons.
Un soir que j'étais à la maison, il est entré par la porte-fenêtre de la cuisine, comme si de rien n'était, pour ensuite essayer de s'emparer de mon cellulaire et de mon agenda. J'ai crié comme une folle, au risque d'alerter tous les voisins. Il a eu peur et s'est finalement enfui les mains vides.
Pourquoi ne l'ai-je pas dès lors dénoncé à la police? Je n'allais pas bien. J'étais tétanisée par l'anxiété. Et je prenais les mauvaises décisions pour de mauvaises raisons. J'avais honte, j'avais peur qu'il s'en prenne à ma famille ou à mes amis. Je craignais que le remède ne soit pire que le mal. Je doutais de tout, et surtout de moi.
Un jour que j'étais avec Guylaine, mon cellulaire s'est mis à sonner sans arrêt. Guylaine a d'ailleurs compté les appels: 68 en moins de deux heures. Elle était renversée. C'est elle qui m'a convaincue de porter plainte à la police. Et vite!
Je me suis présentée au poste de mon quartier, où j'ai rencontré une policière. Je lui ai fait écouter les messages que j'avais archivés sur mes boîtes vocales. Pour elle, il n'y avait aucun doute: il s'agissait de harcèlement criminel. J'ai donc rédigé ma déposition. Trois feuilles recto verso. On m'a donné un numéro de dossier, mis en contact avec un avocat, et annoncé que Christian serait joint dans les 24 heures. Il serait alors prévenu qu'il ne devait tenter d'entrer en contact avec moi sous aucun prétexte. Je n'aurais jamais cru que ça irait aussi vite!
Quelques semaines avant sa comparution en cour, Christian m'a envoyé une lettre dans laquelle il m'écrivait qu'il pensait à moi, qu'il avait changé, qu'il travaillait sur lui-même. J'ai paniqué. Sans tarder, je me suis rendue chez mon avocat, qui m'a dit que cette lettre représentait un bris de condition. La police a de nouveau contacté Christian. Et son procès a enfin eu lieu. Heureusement, je n'étais pas tenue d'y assister.
C'était il y a quatre ans. Depuis, je ne l'ai plus revu... sauf une fois. Je sortais d'un cinéma alors qu'il y entrait. Son regard a croisé le mien. Ai-je eu peur? Oui, mais c'était une peur saine. J'ai aussitôt raconté toute l'histoire à celui qui m'accompagnait. Puis, le soir venu, j'ai alerté tous mes proches, dont un ami policier. Résultat: mon réseau de protection s'est mis en place. Plus jamais je n'allais rester seule avec mes angoisses.
Depuis ma première rencontre avec Christian, j'ai énormément travaillé sur mon estime personnelle. Avec le recul, j'ai un peu mieux compris ce qui s'était passé. Ce qui nous plaît d'abord chez ce genre de gars-là, c'est toute l'attention dont il nous entoure. À tel point qu'on finit par croire qu'on est vraiment les plus belles et les plus merveilleuses du monde. Mais ce qu'on prend pour des signes d'amour fou, ce sont précisément les signes avant-coureurs d'une possessivité maladive. Aujourd'hui, si une amie me dit que son nouveau chum la voit dans sa soupe, qu'il est dingue d'elle, je lui réponds: «Attention. Méfie-toi.»
Propos recueillis par Marie-Claude Fortin
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC
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