 |
|
|
|
«On a passé cinq ans en mer»
Quand Claire a croisé le regard de Guy, ç'a été le coup de foudre. Avait-elle deviné qu'elle le suivrait un jour au bout du monde?
|
|
|
|
Enfin, le jour du départ est arrivé. Bien entendu, les êtres chers à nos cœurs sont venus nous dire au revoir. Et même si je savais que je ne les reverrais pas avant longtemps, je suis partie l'esprit en paix. Un sentiment de liberté m'habitait et, après toutes ces années de préparation, j'étais soulagée de lever l'ancre. Je me souviens d'avoir été très excitée à la pensée d'amorcer enfin notre voyage.
Le fait de voguer en mer ne m'a jamais inquiétée, car je me suis toujours sentie en sécurité sur l'eau. J'ai cependant découvert que la vie à bord d'un bateau n'est pas qu'une partie de plaisir. Sur des mers inconnues, la vigilance est de mise. On doit se montrer très prudents à l'approche des côtes afin d'éviter que le bateau s'abîme sur un rocher ou s'échoue; faire attention aux vents, aux cargos et à la bonne marche du voilier; savoir réparer le moteur; étudier les cartes de navigation. Lorsque nous voguions la nuit, tantôt Guy faisait le guet, tantôt c'était moi. Les cours de navigation et de météorologie que j'avais suivis m'ont été d'un grand secours, mais j'ai aussi beaucoup appris sur le terrain.
J'ai également dû m'adapter à mon nouveau statut d'enseignante. Au début, ça n'a pas été facile. Je tenais tellement à ce que Joëlle et Chloé réussissent que j'ai été trop exigeante envers elles. Puis, je me suis adaptée petit à petit et j'ai fini par trouver des moyens d'assouplir ma façon de faire tout en les motivant à étudier. En guise de prélude aux leçons quotidiennes, «mes élèves» écrivaient leur journal de bord. Par temps très chaud, on remettait le cours au lendemain et on allait se baigner. Mais j'avoue que ce qui m'a le plus pesé, ce sont les tensions entre Guy et moi. Comme n'importe quel couple, nous avions parfois des discussions épicées, et il nous est arrivé de hausser le ton. Dans ces cas-là, nous nous étions mis d'accord sur deux points: toujours traiter l'autre avec respect, et garder les enfants à l'écart de nos discussions, autant que faire se peut. Malgré tout, j'avais parfois l'impression d'être incomprise, et j'aurais voulu m'évader, m'isoler dans un coin. Mais où aller, au milieu de l'océan? Heureusement, ces périodes houleuses n'étaient que passagères, tandis que les moments d'émerveillement et de découvertes se succédaient. Que de lieux enchanteurs nous avons visités! La Polynésie, l'Australie, l'Indonésie, l'Afrique du Sud, les Antilles... pour n'en nommer que quelques-uns.
Tous les marins le savent: un des facteurs les plus importants sur un bateau est le temps. Nous naviguions donc en fonction des vents et des saisons. En fait, nous ne voguions que très peu. Nous passions 85 % de notre temps à terre, dans les îles ou les villes dans lesquelles nous nous arrêtions. Nous avons ainsi eu le plaisir d'explorer bien des contrées.
|
|
|
|
Page suivante > |
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
| |
 |
|
| |
OU |
|
| |
|
|
| |
 |
|
| |
|
|
|