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«Mon ex-mari et moi habitons en alternance, une semaine sur deux, chez nos enfants»

Après 21 ans de mariage, Laurence et Francis se sont séparés. Mais ils n'ont pas voulu que leurs enfants déménagent.

J'avais 20 ans quand j'ai connu Jean. J'en ai aujourd'hui 44. Ensemble, nous avons eu trois enfants, deux filles et un garçon, qui ont maintenant 17, 15 et 11 ans.


En novembre 2003, après 21 ans de vie commune, j'ai annoncé à mon conjoint que je le quittais. Depuis des années, notre relation était tumultueuse. Il y avait plein de choses qui ne fonctionnaient pas entre nous... Des valeurs fondamentales sur lesquelles nous ne nous entendions pas, des divergences d'opinions qui m'avaient dérangée tout au long de notre vie de couple.

Mais comme j'avais toujours rêvé d'une famille unie, je m'étais persuadée qu'en fin de compte rien ne pouvait être parfait, qu'il fallait bien que j'accepte mon sort et que je mette de l'eau dans mon vin. Durant ce fameux mois de novembre, la réalité m'a rattrapée. J'ai réalisé tout d'un coup que depuis des semaines, voire des années, je me levais chaque matin en me disant que je ne pouvais plus vivre comme ça, qu'il fallait que nous nous séparions.

Je pense que Jean, de son côté, aurait préféré le statu quo aux bouleversements qu'entraîne une séparation. Mais en discutant honnêtement, nous en sommes venus à la conclusion que notre histoire d'amour était bel et bien terminée. Nous avions tout fait pour que ça fonctionne, mais en vain. La seule démarche que nous n'avons pas essayée, c'est la thérapie de couple, car je n'y croyais pas. J'avais accumulé trop de blessures et... je n'étais plus en amour. Et aller en thérapie conjugale quand tu n'aimes plus l'autre, qu'est-ce que ça peut changer? Comme couple, nous avions fait notre temps. Quant aux enfants, il a bien fallu admettre que vivre avec des parents qui ne s'entendaient plus ne pouvait pas être bénéfique pour eux.

Jean était d'accord avec ce bilan, mais il ne supportait pas l'idée que nos enfants souffrent à cause de notre rupture. Il ne voulait pas qu'ils perdent leur port d'attache, leurs habitudes, leur quartier, qu'ils soient obligés de voyager d'une maison à l'autre chaque semaine, avec leur petite valise. Et j'étais bien de son avis. Mais comment faire autrement? Jean m'a alors proposé une formule inusitée et audacieuse: nous allions garder la maison familiale pendant un certain temps, nous louerions chacun notre appartement et ce serait nous, les parents, qui ferions la navette d'un endroit à l'autre. Une fois notre décision prise, nous avons consulté une psychologue, qui nous a donné de précieux conseils sur la façon de l'annoncer aux enfants. Bien entendu, ç'a été un choc pour eux. Mon garçon disait que j'étais méchante. Ma plus jeune pleurait, affirmant que notre belle famille allait être brisée. Seule l'aînée comprenait que c'était inévitable, et sans doute préférable pour nous tous. Et la formule que nous leur proposions les a rassurés.

Par chance, Jean avait les moyens d'assumer les frais de nos trois résidences (la maison familiale et nos logements respectifs). Pour ma part, je n'étais pas financièrement autonome. Je n'avais pas travaillé depuis la naissance de mes enfants, et recommencer une carrière à 40 ans, ça n'était pas évident. En revanche, cet arrangement me laissait du temps pour me retourner et renouer avec le marché du travail. Nous nous sommes alors tous lancés dans cette aventure, sans filet et, surtout, sans modèle.

Jean et moi avons chacun notre appartement depuis bientôt trois ans. Nous allons à tour de rôle nous installer pendant une semaine dans la résidence principale, que nous appelons «la maison des enfants». Au début, nous procédions au changement de garde le lundi matin, mais c'était épuisant. La semaine de travail commençait, l'épicerie n'était pas faite, bref, nous n'étions pas organisés. Maintenant, le changement a lieu le vendredi et les choses se passent de façon beaucoup plus harmonieuse. Pour nos enfants, c'est la situation idéale. Ils n'ont même pas le temps de s'ennuyer de papa ou maman... c'est moi qui pleure quand je repars le dimanche soir!

Au fil des ans, on a bien sûr vécu quelques petites frictions. Par exemple, comme Jean n'avait pas d'aptitudes culinaires (je m'étais toujours occupée des repas) ni le temps de popoter, il emmenait très souvent les enfants au restaurant. Mais, progressivement, nous avons trouvé des solutions. Et Jean a fait beaucoup d'efforts pour s'adapter. Nous avons engagé une femme de ménage – et même une cuisinière – pendant un certain temps. L'autre jour, j'écoutais un reportage sur les enfants qui vivent une situation de garde partagée et qui passent leur temps dans leurs valises. C'est à ce moment-là que j'ai compris que nous avions fait quelque chose de vraiment bien. Dans cette émission, il y avait des petits qui disaient: «Moi, je n'ai pas de maison. Je reste chez papa, ou chez maman. Je n'ai pas de chez-moi...» Si je transpose la situation dans notre histoire, c'est moi qui fais ma valise une semaine sur deux. Et c'est quelque chose à expérimenter!
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1. C'est mon histoire
2. La garde partagée des parents

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Bravo!! Je suis en couple et j'ai toujours défend...
Cettes situation est bien. Je suis en remsise en q...
J'ai bien aimé ce texte et l'ayant moi-même vécu, ...
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