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«Je me suis battue pour que mon fils trisomique ait une vie normale»
Léandre avait sept mois quand sa mère a appris qu'il était trisomique.
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Quand Léandre a terminé l'école, nous avons décidé, toute la famille, d'acheter un bateau et de partir pour un long voyage. Nous avons navigué durant un an avant de nous établir à Sainte-Lucie, une île des Petites Antilles où nous avons habité pendant huit ans. Là-bas, les gens ont accepté Léandre d'emblée, tout naturellement. Son handicap n'était pas perçu comme une tare. Ils prenaient le temps de l'écouter. Ce qui n'est pas toujours le cas au Québec. C'est d'ailleurs une des choses que j'ai trouvée le plus difficile: que le «monde extérieur» ne lui fasse pas plus confiance, ne prenne pas le temps de le connaître. Pourtant, Léandre est un homme très intéressant, qui a des choses à dire.
Aujourd'hui, à 26 ans, il est très autonome. Il sait lire, cuisiner, naviguer, et peut rester seul quelques jours sans problème. Il a même déjà travaillé dans un club vidéo, ce qui lui plaisait beaucoup. Le fait de devenir parrain l'a aussi valorisé. Il y a quatre ans, mon neveu, qui venait d'avoir un enfant trisomique, a demandé à Léandre d'en être le parrain. Ça a eu sur mon fils un effet extraordinaire. Il en était très fier et très heureux. Et moi, je suis fière de lui et je ne l'échangerais pour rien au monde!
Grâce à lui, j'ai réalisé qu'il était plus important de vivre au jour le jour que d'avoir constamment des attentes face à l'avenir. J'ai aussi appris à être plus ouverte et à l'aise avec les gens handicapés. La bonté de Léandre, sa belle naïveté, me rappellent constamment que la valeur d'une personne ne dépend pas de ses performances, mais de ce qu'elle est, tout simplement.
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE BERGERON
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC
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