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Trois questions à Rafaële Germain
À 31 ans, Rafaële Germain publie son deuxième roman, Gin tonic et concombre (Libre Expression).
Par Danielle Laurin
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Photo: Robert Etcheverry
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Tout à fait dans la foulée du premier, Soutien-gorge rose et veston noir. Aussi léger, mais mieux maîtrisé. On y suit une trentenaire aussi délurée que tourmentée et son groupe d'amis compliqués. Comment réinventer l'amour sans avoir l'air d'y toucher? À 13 ans, elle voulait être nonne.
Se tenir loin du grand amour, c'était au centre de votre premier roman et c'est en quelque sorte l'attitude de vos personnages dans votre second. Pourtant, ils en rêvent tous. Qu'est-ce qui les retient? Mes personnages se font pour la plupart une idée tellement grandiose et extraordinaire de l'amour qu'ils préfèrent le fuir ou le saboter, de peur d'être déçus. Ça peut paraître complètement stupide, mais je mettrais ma main au feu que c'est plus commun qu'on pense.
Diriez-vous que Gin tonic et concombre est le roman de la trentaine? Ce n'est certainement pas LE roman de la trentaine, mais c'est MON roman de la trentaine. Ou plutôt du «devenir adulte» – parce que, je ne sais trop pour quelle raison, nous croyions tous que nous allions devenir de «vraies grandes personnes» le jour de nos 30 ans. Vous dire la hauteur et l'épaisseur du mur qu'on a frappé, ce n'est même pas drôle.
Quels sont vos projets à court et à long termes? Écrire le scénario de Soutien-gorge rose et veston noir pour le cinéma. Une série pour la télé, peut-être, et un autre livre, sur un autre ton, un jour. Aussi, apprendre à être plus disciplinée (mais ça, honnêtement, je n'y crois pas trop). Et essayer de devenir une grande personne.
ELLE LIT QUOI?
Fille de l'Orient Benazir Bhutto (Éditions Héloïse d'Ormesson)
Elle est morte dans un attentat-suicide en décembre dernier. «Je n'ai pas choisi cette vie; c'est elle qui m'a choisie», écrit Benazir Bhutto dans la préface de son autobiographie. D'abord paru en 1988, ce livre vient d'être réédité dans une version remaniée et augmentée par l'auteure, alors qu'elle s'apprêtait à rentrer au Pakistan après huit années d'exil. Celle qui a été, à 35 ans, la première femme premier ministre d'un pays musulman ne se faisait pas d'illusions. Elle savait qu'en remettant les pieds chez elle pour se faire réélire elle risquait de se faire assassiner. Mais elle s'interdisait de baisser les bras.

EXTRAIT «J'estime qu'il est de mon devoir de faire valoir l'islam véritable – une religion tolérante et pluraliste – contre la caricature qu'en ont fait les terroristes et qu'ils ont détournée. Je sais que j'incarne ce que les soi-disant «djihadistes» du mouvement taliban et d'Al-Qaida redoutent le plus. Je suis une femme politique qui se bat pour apporter au Pakistan le modernisme, les communications, l'éducation et la technologie. Je suis persuadée qu'un Pakistan démocratique peut devenir un symbole d'espoir pour plus d'un milliard de musulmans dans le monde qui doivent choisir entre les forces du passé et celles de l'avenir.»
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