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Le p'tit renne est dans le rouge
Un cadeau pour mon chum, ça va de soi. Un pour ses trois filles et leurs copains, on ne discute pas. Ah oui, sa maman et son beau-père, c'est certain. Un pour ma fille, c'est une évidence.
Par Sylvie Poirier
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Photo: Michel Cloutier
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Et mon gendre alors? Pas de doute. Un pour mon fils, c'est clair. Et sa blonde? Je ne la connais pas beaucoup, mais c'est un must. Ma soeur, son chum et ma nièce, mon autre soeur et son amie de coeur, ma mère, mon père, aucune hésitation. Ma meilleure amie et son conjoint, mes deux autres grandes amies et leurs amoureux, mes copines, mes collègues, bien sûr.
Ah oui, j'oubliais ma marraine, mes cousines, la secrétaire, la réceptionniste, la prof d'anglais, la voisine, l'éducatrice de garderie, mon autre amie très chère, son nouveau jules, ma dentiste... Allez, le compte devrait être bon.
À bien y penser, un seul cadeau, c'est un peu rikiki, non? Il me semble que je pourrais compléter le tout avec un truc sympa, un bidule mimi, un machin cute à mort, bref, un petit quelque chose. Et puis d'ailleurs, un cossin, ce n'est pas un présent digne des gens que j'aime. Un peu plus d'audace, de créativité, d'imagination... Je dois dégoter la trouvaille parfaite pour chacun.
Noël et son MERVEILLEUX temps des Fêtes me rendent un peu plus dingue chaque année. C'est toujours la même chose: d'abord, je panique en pensant aux innombrables cadeaux à acheter; au papier, aux rubans, aux choux et aux étiquettes autocollantes à agencer, aux cartes de souhaits à poster ou à courrieller, à l'incroyable quantité de boulot à terminer avant la date fatidique, au sapin à orner de ses boules bien rangées (et à moitié cassées) dans la remise (bordélique) sur le balcon (où on se les gèle); aux préparatifs du réveillon puis à l'emballage des cadeaux – qui dure jusqu'aux petites heures du matin (moment où, en général, je manque de ruban adhésif), et qui me laisse les genoux endoloris, le dos en compote, le bout des doigts meurtris.
N'oublions pas non plus la décoration de la maison, la boisson, les napperons, l'animation, la musique, les bas de Noël, les amuse-gueules... et l'affaire est ketchup (aux canneberges)! Je suis au bord de l'apoplexie. C'est à cet instant précis, une semaine avant le jour J, que je rêve de m'enfuir à Cayo Santa Maria-de-la-n'importe-quoi, loin de tout ça. Suis-je la seule à déjanter ainsi en cette période dite de réjouissances?
La compulsion bat son plein, le Minuit, Chrétiens me déprime au plus haut point (surtout entonné dès le 1er novembre), les sapins saucissonnés se font arroser par les chiens qui n'ont aucun respect pour nos rois des forêts, il fait noir 24 heures sur 24, les gens chargés de paquets ont des gueules d'enterrement, les traits tirés, la langue à terre, le caquet bas... bref, l'avant-Noël me sape le moral.
Ce qui me permet de passer au travers? Mes enfants, leurs sourires, leurs yeux brillants. Mon chum (pas névrosé comme moi), ses filles, ma nièce et toute ma famille qui, finalement, ne perdent jamais la boule, même en ce temps de crise, euh... de festivités.
Cette année, je vais essayer de limiter les dégâts et les achats, je vous le promets (ça va peut-être m'aider). Je vais me concentrer sur le vrai sens du mot Noël (que je cherche toujours, d'ailleurs) et sur les valeurs que cette période représente: partage, amour, simplicité (j'ai failli m'étouffer, là!). Enfin, je vous en reparle...
Article publié originalement dans le numéro de décembre 2007 de ELLE QUÉBEC
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