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Cancer du sein: un bilan encourageant
Chaque année, des milliers de Québécoises sont touchées par cette maladie. Pourtant, les médecins sont confiants. Le point sur les dernières découvertes.
Par Marie-Andrée Lamontagne
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On connaît le proverbe «Mieux vaut prévenir que guérir». En matière de cancer du sein, la prévention porte un nom: dépistage. Le but? Détecter la maladie à ses débuts, alors qu'elle se soigne mieux. Certes, on ignore encore ce qui déclenche le cancer, ce qui fait qu'une cellule du corps s'emballe et décide d'attaquer ses voisines. En revanche, on sait qu'après un certain temps les cellules anormales se regroupent et forment une tumeur. Cette tumeur logée dans le sein n'est pas toujours cancéreuse, mais parfois si. C'est une bosse de ce genre que cherche le médecin en tâtant nos seins lors de l'examen gynécologique annuel. S'il ne trouve rien, et qu'on a moins de 50 ans, cet examen suffira. Au-delà de cet âge, bosse ou non, il nous incitera à passer une mammographie (radiographie des seins), et ce, tous les deux ans.
PRÉVENTION, TOUJOURS Depuis 1998, l'examen des seins et la mammographie font partie d'un vaste programme de dépistage du cancer du sein mis sur pied par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Mais d'ici quelques années, estime le Dr Jean-Pierre Guay, radio-oncologue à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal, la mammographie risque fort d'être supplantée par la technique de la résonance magnétique, déjà offerte dans les quelques hôpitaux qui peuvent s'offrir le coûteux équipement.
Ici, pas de radiation ni de compression désagréable des seins. Un champ électromagnétique entoure la patiente et fournit une image interne de son corps d'une remarquable précision. Il y a trois ans, Johanne a eu pour ses 40 ans un cadeau dont elle se serait bien passée: un cancer multicentrique au sein droit, c'est-à-dire présent à plusieurs endroits. Elle en est venue à bout en subissant une mastectomie totale (ablation du sein), accompagnée d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie. Récemment, elle a découvert une bosse dans l'autre sein. Johanne a aussitôt passé un examen par résonance magnétique. «On nous fait entrer dans une sorte de tube aussi bruyant qu'un chantier de construction, dans lequel on doit rester immobile, étendue sur le ventre, pendant qu'on nous injecte un liquide dans le corps», explique-t-elle. Une demi-heure plus tard, le diagnostic est posé: un nodule, qui ne semble pas cancéreux, mais qu'il faut enlever. Autre progrès du dépistage: aujourd'hui, on sait que de 5 % à 10 % des cancers du sein sont causés par un facteur génétique.
En 1994, une recherche franco-québécoise a permis d'identifier deux gènes principaux qui prédisposent au cancer h du sein. Selon les chercheurs, de 50 % à 80 % des femmes porteuses de ces gènes contracteront un jour la maladie. L'identification de ces femmes à risque permet donc un meilleur suivi. Reste tout de même l'angoisse que suppose un tel pronostic avant même l'apparition de la maladie. Si tant d'efforts sont consacrés au dépistage, c'est que les chances de guérir d'un cancer du sein détecté à ses débuts sont aujourd'hui de 85 %. Encourageant, non? À condition d'avoir l'œil (et le toucher), d'insister auprès du corps médical pour obtenir des réponses satisfaisantes à nos questions et de ne pas oublier que chaque cancer, tout comme le corps qu'il envahit, a son propre profil.
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