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Bioutifoul, les vacances!
Ça y est, vous voilà pieuvre à tout faire. Entre le boulot, les copines, l'amoureux, la belle-famille, la fin des classes, les préparatifs pour les camps d'été ou les vacances, vous ne savez plus où donner du tentacule.
Par Sylvie Poirier
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Photo: Chantal Arès
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Mais vous avez au moins décidé une chose: cet été, vous partez! Vous déguerpissez, vous allez voir ailleurs si vous y êtes... Vous irez peut-être au Lac-Saint-Jean (et vous en aurez pour votre argent!), dans Charlevoix (très bon choix), en Gaspésie (c'est le paradis), à Boston ou à Cape Cod (voir «Nos bonnes adresses à Boston», p. 125)...
Bref, peu importe votre destination, vous irez loin de la maison. Excellente idée! Il faut bouger, évacuer le surcroît de soucis et faire le plein d'une énergie toute neuve (voir notre reportage «10 sorties pour les dégourdies», p. 57). C'est bon pour le moral, c'est même vital.
Moi, j'ai plutôt choisi d'aller à Paris au mois d'avril. Pourquoi? Parce qu'en été, au magazine, nous travaillons à nos gros numéros d'automne et de Noël (ho! ho! ho!, vous m'enviez, là, hein?): c'est donc une période trop occupée pour que je puisse flirter avec les congés. Alors, pas question d'escapades dans la Belle Province...
Mais je ne regrette rien, ni les vacances de la construction, ni les festivals machinchoses, ni les bleuets par milliers, ni les baleines par deux ou trois, tout ça m'est bien égal. Non, je ne regrette rien. Surtout que lors de mon séjour en France, le Québec a subi une dernière tempête de grésil. «Une claque en pleine face», avez-vous dit? «Oh! la vache!», auraient ajouté nos copines d'outre-mer. Mes vacances s'annonçaient encore plus jouissives que prévu.
D'abord, il faisait entre 25 et 29 °C, les arbres croulaient sous les fleurs, les feuilles d'un tendre vert se gonflaient de fierté au moindre vent, les façades de monuments exhibaient leur nouveau lifting. Et puis, les Parisiens étaient survoltés! Était-ce le beau temps, la campagne électorale présidentielle ou l'émission Nouvelle Star (l'équivalent de Canadian Idol et American Idol) qui les rendaient effervescents comme un Cristal Roederer? J'sais pas.
Chose certaine, j'adooore les Français (même Ardisson)! Deux de mes grandes amies le sont (d'origine), mes auteurs favoris le sont, et la période historique qui me fascine le plus – la Révolution – l'est aussi. Pourquoi cette époque-là? La fin de la monarchie, l'anarchie, les têtes qui roulent et le bon vin qui coule, la naissance de la république... J'sais pas.
J'aime les Français parce qu'ils s'expriment bien (longtemps, mais bien), qu'ils sont cultivés (un peu pédants à l'occasion, mais bon), politisés (ce qui leur donne une autre bonne raison de râler), bien habillés (rien à redire), polis (exception faite des vieux serveurs ronchonneurs et impatients dans les brasseries, des jeunes caissières impertinentes et blasées dans les boutiques fashion, des citadins pressés qui vous bousculent sans s'excuser)... et parce qu'ils aiment les Québécois – euh, pardon, les Canadiens.
Ils craquent en effet pour notre charmant accent, s'extasient devant nos savoureuses expressions et se bidonnent de notre bonhomie. C'est vrai que les Français ont un faible pour les Québécois, et c'est tant mieux pour nous. Mais malgré leur indulgence devant notre attitude débonnaire, notre humour débridé, notre façon de penser très nord-américaine et notre langage coloré, ils aiment bien nous corriger, nous ramener à l'ordre et nous rappeler que notre généalogie, avec un petit g, n'est qu'une ramification de la branche mère, l'Histoire de la France, avec un grand H et un très grand F...
Sans tomber dans les clichés, il est vrai qu'à Paris on ne se stationne pas dans le garage, on se gare au parking; on ne passe pas chez le nettoyeur, on se rend au pressing; on ne se dirige pas vers Montréal, mais sur Montréal; on ne retire pas d'argent du guichet automatique, on sort des sous du distributeur; on n'engraisse pas (ou alors seulement les cochons), on grossit; on n'enfile pas ses mitaines, on met ses moufles; on ne dépose pas fiston à la garderie, on le laisse à la crèche; on ne sacre pas, on jure; on ne demande pas une bouteille d'eau, on commande une carafe ou une fillette; on n'achète pas une crème glacée, on s'offre une glace; on ne dit pas un biscuit, mais un gâteau; on ne se brosse pas les dents, on se lave les dents; on ne va pas à la salle de bain, mais aux toilettes... Mais surtout, surtout, on ne pète pas en France, on fait des prouts, ma chère!
J'aurais pu continuer à badiner longtemps comme ça mais, en réalité, je suis une vraie groupie des Français: je les trouve drôles, pertinents, touchants, et non, ils n'ont pas tous la grosse tête. J'ai adoré mes vacances dans la Ville lumière. En fait, je suis une fan finie de Paris. «Dès que je l'aperçois, alors je sens en moi, mon coeur qui bat...»
Pas besoin d'onduler de la toiture pour comprendre que l'été, on se magne le popotin et on fout le camp! Sinon, c'est qu'il y a une couille dans le pâté. Alors, bonnes vacances, les bronzées!
Article publié originalement dans le numéro de juillet 2007 du magazine en kiosque dès maintenant!
ELLE QUÉBEC
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