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«Je me suis battue pour que mon fils trisomique ait une vie normale»

Léandre avait sept mois quand sa mère a appris qu'il était trisomique.

Lorsque je suis tombée enceinte, à 20 ans, j'étais très heureuse. Ce bébé, je l'attendais. Ce à quoi je ne m'attendais pas par contre, c'était de donner naissance à un enfant différent des autres. Mon fils était en santé, mais, à mesure que les semaines passaient, je me rendais compte que quelque chose clochait. Je trouvais ses yeux bizarres, et son développement me semblait lent. Mais je n'ai pas poussé davantage la réflexion car personne de mon entourage ni même le pédiatre ne suggéraient le contraire.

Léandre était âgé de sept mois lorsque je l'ai amené voir un spécialiste à l'hôpital Sainte-Justine parce qu'il s'était cassé une jambe. Dès qu'il l'a vu, le médecin a dit: «Il a de drôles d'yeux.» C'est moi qui ai avancé l'hypothèse qu'il était peut-être trisomique. Le médecin me l'a confirmé. Un choc! Il a poursuivi en m'affirmant que Léandre allait «plafonner» intellectuellement à cinq ans. Je n'en croyais pas mes oreilles et, surtout, je ne l'admettais pas. Puis, le médecin m'a laissée ainsi, ne me donnant aucune information sur la trisomie ni même de ressources vers lesquelles me tourner. Il m'a simplement dit que j'avais maintenant le choix: ou je le gardais, ou je le plaçais dans une institution pour handicapés. L'idée de le laisser était inadmissible. Mon fils, je l'aimais! J'avais peur, je l'imaginais lourdement handicapé, mais il était hors de question de le laisser. J'étais en colère, aussi. En colère contre ce spécialiste qui me balançait si brusquement une telle nouvelle. En colère contre le pédiatre qui avait toujours su que mon fils était trisomique sans jamais me le dire – il avait voulu m'épargner, m'a-t-il finalement expliqué! J'étais aussi un peu fâchée contre ma famille qui avait pressenti que quelque chose n'allait pas, mais qui ne l'avait jamais avoué.


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Dès que mes proches ont su la vérité, j'ai toutefois aussitôt senti leur l'appui. On aimait Léandre. Il n'était pas question de le laisser tomber. Au contraire, j'étais prête à tout pour qu'il grandisse dans les meilleures conditions possibles. Mon conjoint et moi sommes allés chercher l'aide dont nous avions besoin dans un centre spécialisé. Jusqu'à l'âge de cinq ans, à raison de deux ou trois fois par semaine, Léandre y est allé pour pratiquer des exercices de stimulation précoce (motricité, orthophonie, etc.). Puis mon conjoint et moi nous sommes séparés alors que Léandre avait deux ans. Nous avons gardé de bonnes relations et continué tous deux de nous investir dans l'éducation de notre fils.
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1. Un enfant différent
2. Des choix difficiles
3. L'autonomie de Léandre

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je trouve ça abérant qu'un père se séparre de sa f...
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