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Trois questions à Chrystine Brouillet
On a découvert l'enquêteur Frédéric Fontaine il y a deux ans dans Rouge secret. Le voici de retour dans Zone grise (Boréal).
Par Danielle Laurin
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Photo: Philippe Renault
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On comprend, dans votre roman, que les menaces d'extermination perdurent... Est-ce une sorte de mise en garde? On vit dans une société assez fermée aux autres. Je ne suis pas pour la tolérance sans limites, je n'ai pas de recette à offrir, mais je m'interroge. Et je trouve effrayant de voir que les hommes n'ont pas appris. Les choses n'ont pas vraiment évolué, malgré tout ce qu'on a su sur les camps de concentration. Pol Pot a existé, le génocide au Rwanda a eu lieu. Les massacres continuent dans le monde. C'est déprimant. C'est pour ça que l'art est important. Je crois profondément qu'il est salvateur. Pourquoi mettre en scène un peintre qui plagie le travail d'un rescapé des camps de concentration? Je me suis posé la question: est-ce que l'art excuse tout? Si, par exemple, Picasso avait copié 10 tableaux au début de sa carrière, devrait-on rejeter le reste de son œuvre? Dans mon roman, le peintre fait quelque chose d'épouvantable, parce qu'il usurpe la mémoire du peuple juif.
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