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Jean Dujardin: un gars, des films
Entrevue avec Jean Dujardin, l'acteur qui ne joue pas les stars.
Par Martin Bilodeau
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Photo: Getty image/Valery Hache
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Il a campé les machos dans Un gars, une fille. Il a été l'incarnation du benêt absolu dans Brice de Nice et du parfait colonialiste dans OSS 117: Le Caire, nid d'espions. Dans 99 F, à l'affiche le 6 juin, il interprète un créatif publicitaire «coké» et méprisable.
Dans le cœur des hommes français, Jean Dujardin incarne le mâle par excellence. C'est sérieux! Une étude récente, réalisée en France par la firme TNS Sofres, le considérait comme «l'homme français auquel les hommes voudraient le plus ressembler», devant Zinedine Zidane et Yannick Noah! En janvier dernier, à Paris, assis devant ce beau spécimen de la «mâle attitude» – pull de laine noir moulant, jean étroit, barbe taillée au poil près, sourire confiant –, je ne peux que me ranger à l'avis du Français moyen. Jean Dujardin, c'est à la fois l'élégance et la virilité, un mélange de Jean-Paul Belmondo et de Sean Connery.
Vu d'ici, l'acteur de 36 ans – qui incarnera Lucky Luke dans un western comique dont le tournage est imminent – donne l'impression de cultiver nonchalamment son potager. Faux. Dujardin bûche, bêche et plante lui-même ses choux. «J'ai de la chance, dit-il, mais je la provoque. Je ne suis pas un acteur passif; je déteste attendre, je suis trop angoissé pour ça.»
La piqûre de la comédie
L'éveil à la comédie a été relativement tardif pour ce natif des Hauts-de-Seine, détenteur d'un bac en philo et arts plastiques. Cadet de quatre garçons, il a tâté du métier de serrurier-métallier, suivant ainsi les traces de son père, avant de faire son service militaire. C'est là, au tournant de la vingtaine, qu'il attrape la piqûre de la comédie. À la fin de son service, il parcourt les cafés-théâtres avec une petite troupe improvisée, les Nous C Nous, au sein de laquelle il élabore son personnage de Brice de Nice, absurde «surfeur winneur ascendant snowboardeur», qui attend la vague sur la rive d'une mer d'huile. Exploité dans les émissions d'humour et sur Internet au milieu des années 90, Brice a fait un malheur surtout auprès des préados, qui ont appris à mimer sa gestuelle et à déclamer son mantra («J't'ai cassé, là»).
«Je n'ai jamais voulu faire rire uniquement les moins de 12 ans», explique Jean Dujardin. En 1999, il croit trouver la réponse à son voeu de conquérir un public adulte en décrochant le rôle de Loulou dans l'adaptation française de la populaire télésérie Un gars, une fille. Mais contrairement au Québec, où la série de Guy A. Lepage rejoint un public diversifié, en France, ce sont plutôt les jeunes qui accrochent. Massivement. Si bien que c'est davantage au cinéma – où il commence à enchaîner les petits rôles dès l'an 2000 – que son registre d'acteur et son auditoire s'élargissent. Notamment grâce au Convoyeur, une comédie très noire, et à Mariages!, une comédie acidulée, qui connaissent tous deux un franc succès et lui inspirent un comeback dans le rôle de Brice de Nice, le temps d'un film éponyme, en 2005.
Deux ans plus tard, le triomphe de la comédie OSS 117: Le Caire, nid d'espions lui vaut pour la première fois l'admiration de ses pairs, ainsi qu'une nomination aux Césars. Acteur sans formation, Jean Dujardin devient un artiste respecté et très rentable grâce à cette parodie franco-française de James Bond.
L'intrigue de OSS 117: Rio ne répond plus, dont le tournage vient de s'achever au Brésil, jettera cette fois Hubert Bonisseur de la Bath dans la mire d'anciens criminels nazis. «Le scénario est supérieur à celui du premier OSS 117, mais j'angoisse parce que l'effet de surprise par rapport au personnage est passé», déclare le comédien.
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