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Isabelle Blais n'a pas froid aux yeux!

Certains films nous vont droit au coeur. Borderline, en est un. On y parle d'une relation mère-fille toxique, de folie, d'amours destructrices, mais aussi d'espoir. Rencontre avec Isabelle Blais qui porte le film sur ses épaules.

Par Chantal Tellier et Louise Dugas

Photo: Leda & St.Jacques

La quête d'amour «Borderline aborde un thème universel: la quête d'amour. Les gars comme les filles peuvent être malheureux en amour et faire de mauvais choix pour plein de raisons, souvent liées à leur enfance. Par contre, là où le film touche à quelque chose de plus féminin, c'est sur le plan de l'introspection. Les femmes semblent davantage capables de se remettre en question, d'analyser leurs états d'âme, d'explorer les recoins sombres de leur existence afin d'en ressortir plus fortes.»

Sa source d'inspiration
«Pour jouer le rôle de Kiki, je me suis inspirée d'une amie. Aujourd'hui, cette fille-là s'en est sortie. C'est d'ailleurs ce que j'aimais du scénario: on montre la souffrance de Kiki, bien sûr, mais aussi son évolution, tout le chemin qu'elle a parcouru jusqu'à l'âge de 30 ans. Les gens peuvent changer... Moi, par exemple, je ne revivrais jamais ma vingtaine. C'était l'enfer! Il y a eu de beaux moments, mais aussi beaucoup d'angoisse et de mal-être. Je me cherchais et je ne m'assumais pas du tout. J'avais plein de complexes. C'est l'fun, la trentaine, parce que les choses se placent. J'adore ça!»

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Sur la nudité «Je n'ai jamais été maigre comme un pic. J'ai des formes et je suis bien en chair. Comme il y a des scènes de nudité dans le film et qu'elles sont nécessaires, j'ai décidé de tout faire pour me sentir bien devant la caméra et ne pas avoir à penser: “Oups, j'ai un bourrelet ici...” Donc, pour la première fois de ma vie, je me suis entraînée! J'avais un coach; sinon, j'aurais lâché. Aller dans un gym, je trouve ça plate, mais j'étais motivée par le film. Je savais aussi que Lyne créerait de belles images, que le but n'était pas de montrer de la nudité gratuitement, mais de faire avancer l'histoire. Mon apport au film se situe d'ailleurs sur le plan des scènes plus intimes. Pour moi, c'était ça, le défi: que ça ait l'air naturel et non plaqué. Ç'a vraiment été un travail de préparation et d'abandon. Il faut faire confiance aux gens. J'ai beaucoup discuté avec Lyne afin de trouver une manière de jouer les scènes d'amour. Ça n'a pas été facile, surtout que je suis plutôt pudique.»

Le fantasme d'une génération «Je n'avais jamais rencontré Jean-Hugues Anglade avant Borderline. Je connaissais seulement ses films, dont 37°2 le matin, que j'ai d'ailleurs revu avant le jour J. On a dîné ensemble la veille du tournage. Et puis le lendemain, hop, à poil! On jouait la scène la plus crue du film, celle de l'hôtel. Dans ce contexte, la seule chose à faire, c'est de plonger, en espérant que la personne en face de toi te respectera et ne posera pas de gestes déplacés. J'ai été très chanceuse. Jean-Hugues est quelqu'un de très simple, gentil, drôle, qui, sans être exhibitionniste, s'avère très à l'aise avec la nudité. On a beaucoup blagué le premier jour, et ça a permis de désamorcer le malaise. L'idée, c'est d'être direct, de dire à son partenaire: “Tu mets ta main là, et moi, je te tiens comme ça.” Paradoxalement, il faut que tout soit chorégraphié pour que ça ait l'air naturel. Ce n'est pas évident, d'autant plus que j'étais impressionnée. Quand j'avais vu Jean-Hugues dans La reine Margot, il y a quelques années, j'étais loin de m'imaginer qu'un jour je jouerais avec lui!»

Le rôle de sa vie? «Ça va être dur après Borderline, parce que la barre est haute. Un rôle de cette ampleur ne se présente pas souvent dans une vie, surtout au Québec. Les personnages féminins intéressants, ici, on les compte sur les doigts d'une main: Élise Guilbault dans La femme qui boit, Andrée Lachapelle dans Cap Tourmente, Marie-Josée Croze dans Maelström... Il y a eu une période, dans les années 70, où ils étaient plus nombreux. Mais je pense que ça va bouger à nouveau. Pour ça, il faut que les auteurs se sentent inspirés par les femmes, et que les femmes aussi se mettent à écrire...»



En plus de Borderline, Isabelle Blais jouera dans La petite pièce en haut de l'escalier, au Théâtre du Nouveau Monde, du 4 au 29 mars. Un troisième album avec son groupe, Caïman Fu, devrait paraître l'automne prochain.



Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC


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1. Un film qui prend aux tripes
2. La quête d'amour

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