 |
|
|
|
P'tite vie
Malheureux et pauvre comme Job ou heureux et riche comme Crésus? Ne riez pas, le choix n'est pas si simple... car notre vieux fond catho nous dicte plutôt de passer Go sans réclamer 200 $.
Par Richard Martineau
|
|
|
|
Chez les cathos, les derniers sont toujours les premiers. Comme on peut le lire dans le Nouveau Testament: «Il est plus facile pour un chameau de passer dans le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au paradis.»
Dans la religion catholique, le monde est tranché en deux: les pauvres sont bons, les riches sont mauvais. C'est aussi clair que ça. Plus tu as de plaies, plus tu souffres et plus tu tires le diable par la queue, plus tu vas te remplir la panse une fois au paradis. À l'inverse, plus tu es riche et plus tu es puissant, plus tu vas brûler en enfer. Le bonheur n'est pas pour ici-bas, il ne peut exister qu'au-delà des étoiles. «Heureux les gueux, car le Royaume des Cieux est à eux.» Bref, plains-toi et le ciel t'aidera.
Chez les protestants (c'est-à-dire les Anglos), c'est tout le contraire. Dieu ne veut pas que tu souffres, Dieu veut que tu prospères et que tu en fasses bénéficier ton entourage (d'où l'importance du mécénat dans la communauté anglophone). Si tu es riche, c'est que Dieu t'a béni.
Un catho qui a réussi va cacher sa Mercedes dans sa cour pour que personne ne la voie. Un protestant qui a réussi va garer sa Mercedes devant chez lui. Il va d'ailleurs en être fier, alors que le catho, lui, va crouler sous la honte et la culpabilité.
La pensée de la gogauche est également empreinte de culpabilité catholique. On se lance en politique? Nos affiches seront en noir et blanc, nos candidats s'habilleront comme la chienne à Jacques (l'orgueil est un péché mortel, rappelons-le), et on aura deux porte-paroles plutôt qu'un chef, car la compétition, c'est pas beau. Zzzzzzzz...
Le temps est venu de changer tout ça. Non, l'argent n'est pas malsain, les riches ne sont pas tous des crosseurs, et vendre le fruit de son labeur – physique ou intellectuel – n'est pas un péché.
Le Québécois est sorti de l'Église. Reste à savoir s'il peut se sortir l'enfer de la tête.
Article publié originalement dans le numéro de juin 2007 du magazine ELLE QUÉBEC
Oui, je m'abonne en ligne!
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
| |
 |
|
| |
OU |
|
| |
|
|
| |
 |
|
| |
|
|
|