 |
|
|
|
Les semeurs d'espoir
Une once d'incrédulité, un nuage de culpabilité, un soupçon de procrastination, cinq tonnes de bonne volonté, et vous avez là un compost 100 % québécois.
Par Sylvie Porier
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
Photo: Michel Cloutier
|
|
Collectivement, nous sommes convaincus d'être les plus écologiques de la planète; individuellement, nous pratiquons plutôt la bonne conscience en alternance: on récupère, mais pas toute le temps; on recycle, de temps en temps; on économise l'eau, mais pas trop; on prend notre vélo, seulement s'il fait beau; on marche, quand ça nous chante...
Pourtant, nous sommes conscients que la planète est devenue un dépotoir à ciel ouvert, une poubelle à sol contaminé. Que le smog n'est pas un nuage qui va s'évanouir en fumée, que les poissons à trois nageoires ne sont pas le fait du hasard, que les algues bleues n'ont rien d'un caprice des dieux, que la fonte des glaciers ne résulte pas d'une conjuration de sorciers... Nous savons tout ça, mais de là à revêtir notre tablier vert en tout temps, il y a une marge que nous franchissons avec suspicion.
En effet, pourquoi classer nos bouteilles de vin par régions dans notre bac vert alors que les pétrolières et les usines continuent à polluer comme des sauvages? Pourquoi composter nos pelures de patates si plusieurs agriculteurs, producteurs de porc et municipalités empoisonnent à grande échelle le sol et la nappe phréatique? Pourquoi économiser l'électricité quand les édifices du centre-ville restent éclairés toute la nuit? Pourquoi rouler en voiture hybride lorsque les avions, les camions, les 4 x 4 et les millions d'autres véhicules continuent à faire grimper le taux d'émission de gaz à effet de serre? Pourquoi se faire suer alors que le gouvernement conservateur ne croit pas à Kyoto et se moque des écolos?
Pourquoi? Parce que chaque geste, chaque tentative pour améliorer notre qualité de vie sur cette terre est une action qui s'inscrit dans un mouvement plus global. Parce que nous ne devons pas faire comme le Premier ministre, c'est-à-dire attendre que les autres agissent pour nous prendre en main. Parce que nous avons une responsabilité en tant que citoyen et comme être humain. Parce que nous avons le pouvoir de changer l'ordre des choses.
Bien que la cause environnementale prenne parfois des allures de croisade écoplanétaire et même si on a l'impression de faire partie d'une nouvelle religion (qui, au passage, redore bien des blasons), d'une secte trendy, voire d'un culte top tendance, il n'en demeure pas moins que la préservation de notre planète est LA cause qui nous sauvera.
Avec des militants aussi charismatiques que Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Roy Dupuis, Julia Roberts, George Clooney, Al Gore et Jean Lemire, on n'est pas près de défroquer. Les nouveaux gourous sont beaux, intelligents, engagés, responsables. Voir la vie en vert est devenu moins rasoir qu'avant: la propagande se nuance, les actions se démocratisent, les porte-paroles parlent d'avenir... Bref, le vert revêt de nouveau le dossard de l'espoir.
Cette «guerre de religion» a ceci de bon: nous faire prendre conscience de la fragilité de la vie, de la précarité de notre existence. Elle nous rappelle que notre égo, notre suffisance et notre intelligence ont mené le monde jusqu'à ce jour, mais qu'à partir d'aujourd'hui le monde en a ras le pompon de nous...
Il nous reste néanmoins notre esprit de combativité, notre instinct de survie, notre part d'humanité... Tout n'est pas toujours rose sur notre planète bleue, mais on a le droit de vouloir vivre dans un monde vert tendre plutôt que noir cendre, non?
Article publié originalement dans le numéro d'avril 2008 de ELLE QUÉBEC
Oui, je m'abonne en ligne!
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
OU |
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
SITES PARTENAIRES
|
|
|
|