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Britney Spears, l'idole sacrifiée
Les vautours espèrent que l'agonie ne durera pas, que la star trépassera avec éclat. Festin d'une nécrologie annoncée.
Par Richard Martineau
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Nous entretenons une relation vraiment tordue avec les vedettes. D'un côté, on les idolâtre, comme si elles étaient de véritables dieux. De l'autre, on les déteste, parce qu'elles nous renvoient en pleine face notre propre médiocrité. On veut à la fois les mettre sur un piédestal et les traîner dans la boue.
C'est d'ailleurs ce qui arrive à la plupart des vedettes, qui passent souvent du paradis à l'enfer, du sommet de la gloire aux bas-fonds de la déchéance.
Non seulement les stars finissent souvent par mordre la poussière après avoir goûté à la belle vie, mais leur mort symbolique – comme la mort réelle de John Lennon – est souvent causée par leurs plus grands fans. Comme si la seule façon pour ces pauvres gens de recouvrer leur liberté était de tuer l'objet même de leur obsessive fascination.
Le cas de Britney Spears pousse cette logique morbide à son point culminant. On a l'impression que tout le monde attend sa mort, que tout le monde désire sa mort: les journalistes, les photographes, les fans... Ça serait une si belle finale, une véritable apothéose. Exactement omme la mort de Lady Di!
Plusieurs prétendent qu'on vit aujourd'hui dans un monde dénué de rituels. Faux: notre société est hautement ritualisée. Que sont donc ces mises à mort médiatiques de nos idoles populaires, sinon un immense rituel? Un rituel parfaitement réglé, comme du papier à musique ou une messe.
Un: on prend un pur inconnu, et on le déifie. Deux: on vante ses vertus, on prie à son autel et on célèbre ses talents. Trois: on l'arrête, on le juge puis on le condamne. Et quatre: on l'exécute sur la place publique.
On a fait ça avec toutes nos grosses vedettes: Marilyn, Elvis, Kurt Cobain... Britney est la prochaine sur la liste. Tout le monde veut qu'elle soit la prochaine sur la liste.
Et une fois que son cadavre sera froid, on recommencera avec une autre. On a les Jésus qu'on mérite...
Article publié originalement dans le numéro de mai 2008 de ELLE QUÉBEC
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