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La mode est-elle responsable?
Emportée par la déferlante de l'écologie, la mode s'engage pour la planète. Révolution ou engouement du moment?
Par Myriam Gagnon
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 Un avenir plus vert
Bien sûr, l'éco-conception a ses limites. Pour Rogan Gregory, designer de la marque Edun, la mode est d'abord une question d'esthétique: «Si je n'aime pas le look d'un vêtement, je me contrefous qu'il soit bio et équitable. D'ailleurs, la marque ne mise pas sur la philanthropie des consommateurs. Bono est très engagé socialement, mais il a aussi le sens des réalités.» Traduction: pour qu'on puisse vendre un vêtement, il doit être beau. Et c'est normal.
Ceci dit, pour la mode, c'est tout de même le début d'un temps nouveau. Si on en croit l'intelligentsia financière de Silicon Valley, l'écologie sera la business du 21e siècle. «Les détaillants hésitent encore à proposer des vêtements écolos, avoue François Desrosiers. Mais, à mon avis, le mouvement est irréversible.» Isabelle Quéhé renchérit: «On constate que plus les gens sont informés sur la mode responsable, plus leur comportement de consommation change.»
L'émergence des 15 à 24 ans éduqués, plus sensibles à la protection de la planète que les générations précédentes, jouera aussi probablement un rôle décisif, d'autant plus que les prix de la mode bio équitable diminueront à mesure que la demande augmentera. D'ici là, «les folles de fringues dépensent. Les bonnes sœurs [NDLR: qui redistribuent les fonds générés par Misericordia] auparavant sans le sou encaissent. Tout le monde y trouve son compte», résumait la journaliste Véronique Mougin, de L'Express, à propos de l'association de Colette avec Misericordia.

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