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La mode est-elle responsable?

Emportée par la déferlante de l'écologie, la mode s'engage pour la planète. Révolution ou engouement du moment?

Par Myriam Gagnon


La mode se mettrait-elle au vert? Tout porte à le croire. De jeunes marques convaincues ont ouvert la voie. Et les magazines de mode s'intéressent de plus en plus aux labels respectueux de l'environnement et des travailleurs. Dans la foulée, des salons de prêt-à-porter écolo bourgeonnent à Paris, à New York, à Berlin et à Montréal.


Flairant le bon créneau, les chaînes populaires emboîtent le pas: H&M, Gap, Roots, Zara et La Maison Simons lancent des lignes bios; Adidas propose un sneaker tout en bambou; Lacoste présente un écoPolo dans un emballage de récupération; Levi's offre un jean coloré à l'indigo naturel, glacé à l'amidon de pommes de terre et muni de boutons en noix de coco; et Wal-Mart commercialise des joggings et des t-shirts «sans pesticides»!



Chez les créateurs, Marc Jacobs, Stella McCartney, Donna Karan et Diane von Furstenberg intègrent quelques modèles écologiquement corrects à leurs collections, et Armani utilise de la laine recyclée et du chanvre italien, qu'il qualifie de matière noble. Les ventes de coton bio ont augmenté de 130 % en quatre ans, et l'ONU a déclaré que 2009 serait l'année internationale des fibres naturelles.


Hollywood s'active aussi. Les stars, Julia Roberts, Cameron Diaz et Sienna Miller en tête, affirment que s'habiller éthique, c'est chic. Sous la pression, l'univers du luxe, d'abord réticent, prend conscience que les épithètes «responsable», «durable» et «solidaire» sont devenus des arguments de vente imparables. Chacun y va de son engagement environnemental, social ou caritatif. Missoni a ainsi créé une minicollection dont les profits sont versés à The Climate Project, la fondation d'Al Gore.


La snobissime boutique parisienne Colette diffuse Misericordia, une petite marque éthique de vêtements sportswear confectionnés dans un bidonville de Lima, au Pérou, et dont les profits reviennent à la communauté. Hermès, le maroquinier chéri du jet-set, s'est associé aux Indiens d'Amazonie pour mettre au point un cuir à partir de caoutchouc naturel. Le joaillier Cartier, lui, appuie la fondation The Maasai Wilderness Conservation Trust, axée sur le tourisme responsable et la protection de la faune. Enfin, le malletier Vuitton choisit d'acheminer ses produits par bateau, moyen de transport nettement moins polluant que l'avion.

Bref, du prêt-à-porter à la haute couture, au moyen de diverses initiatives, la mode se soucie enfin de développement durable. «Ce n'est pas trop tôt, rétorquent les environnementalistes, car l'industrie textile compte parmi les grands pollueurs.» Des exemples? Aux États-Unis, on récolte le coton après en avoir détruit les feuilles par défoliation chimique. Les teintures contiennent des métaux lourds, voire de l'arsenic, et les hydrocarbures utilisées pour blanchir les tissus sont cancérigènes. L'aspect soyeux des étoffes est obtenu par l'application de soude caustique, et le pressage permanent, par des résines dérivées du formol. «De quoi donner à n'importe quel t-shirt l'allure d'un pestiféré», souligne Monica Fossati, rédactrice en chef du magazine français écocitoyen Ekwo.
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1. Le vert à la mode
2. Certifié bio
3. Équitable ou éthique?
4. Vive le «recycl'âge»!
5. Le réveil des consciences

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